L'ENJEU 2007


Le modèle anglais : FAQ


La France et la Grande-Bretagne comptent environ 60 millions d’habitants. Pourtant, en 2002, la Grande-Bretagne comptait 29 millions d’emplois contre 24 en France. Et surtout, le nombre d’emplois dans le secteur privé (ou marchand) était de près de 17 millions en France contre plus de 24 millions en Grande-Bretagne.

Certains ont pu mettre en doute ces chiffres affirmant que « Les comparaisons avec la Grande-Bretagne doivent être relativisées. Avec 7 millions d’actifs supplémentaires, la Grande-Bretagne a un PIB équivalent à la France. En fait la situation s’explique notamment en raison d’un nombre élevé d’emplois très précaires et d’une durée de travail inférieure à 35 heures par semaine pour ce type d’emploi. » La Grande-Bretagne aurait finalement le même PIB que la France parce qu’une part importante de ses emplois sont des emplois précaires.

En fait, 7 millions d’Anglais travaillent bien à temps partiel contre 4 millions de Français. Mais le temps partiel subi est de 8% en Grande-Bretagne alors qu’il est de 30% en France. A la différence de la France, le temps partiel anglais est donc un temps partiel presque entièrement choisi. Une situation qui a permis d’améliorer considérablement le taux d’emploi et notamment celui des catégories les plus fragiles (chez les 15-24 ans et les plus de 55 ans) et est la marque d’une économie plus souple où il y a moins de barrières.

Ce coefficient paraît par ailleurs conforté lorsqu’on considère le nombre d’heures totales travaillées dans le secteur marchand qui est d'environ 39 427 millions d’heures travaillées en Grande-Bretagne contre 26 497 millions d’heures en France (soit un rapport de 1,49 proche du rapport de l'emploi marchand dans les deux pays : 1,44).

Et si l’on regarde le PIB marchand, on constate qu’il est supérieur en Grande-Bretagne de près de 16 % par rapport à la France (1 022 milliards d’euros contre 877 milliards d’euros). Si les PIB totaux sont quasiment égaux, c’est que le PIB non marchand français est beaucoup plus élevé que le PIB non marchand anglais (258 milliards d’euros contre 180 milliards d’euros). Et il faut se rappeler que le PIB non marchand ne mesure pas la valeurs créée mais simplement le coût du secteur public.

De plus, le PIB des entreprises intègre les cotisations sociales dont on peut se demander si une partie n’est pas l’objet d’un transfert vers le secteur public. Si l’on compare les seuls salaires hors cotisations sociales, on est proche du rapport 1,4 constaté en comparant les emplois marchands des deux pays. Ce qui veut dire que les salaires moyens hors charges sont sensiblement les mêmes dans les deux pays.

Nous persistons donc dans notre constat et dans les solutions que nous préconisons : il faut que les Français prennent conscience qu’avec 17 millions d’emplois dans le secteur marchand au lieu de 24 millions en Grande-Bretagne, nous n’arriverons jamais à baisser le poids des charges, a fortiori la dette publique.

Avec votre aide, nous pourrons apostropher les hommes politiques et mettre cette question au centre de la campagne électorale : faites passer nos éditoriaux sur les Business Angels, l’emploi, les gazelles, etc. et, pour ceux qui veulent être tenus informés de la campagne, rendez vous sur www.lenjeu2007.fr