Madame, Monsieur,
Dans quelques mois vous allez vous engager devant les Français.
Ils attendent de vous que vous vous attaquiez en tout premier lieu à l’emploi qui, vous le savez, est dans une situation dramatique mais dont il n’est pas sûr que l’effet sur les possibilités de redressement de la France ait été bien mesuré.
Vous savez déjà que le nombre officiel de chômeurs dépasse les 2,5 millions, que plus d’un quart des jeunes sont au chômage, que les jeunes Français émigrent en masse, etc.
Mais savez-vous que toutes les réformes indispensables que constituent la réduction de la dette, la diminution du nombre de fonctionnaires, l'équilibre des charges sociales et des impôts, le rétablissement de la balance des comptes, le financement de nos dépenses de recherche, toutes ces mesures sont rendues impossibles car il nous manque non pas 700 000 mais 7 millions de personnes au travail, soit 500 milliards d’euros dans notre Produit National.
Ce chiffre vient très simplement de la comparaison avec la Grande-Bretagne qui a 24 millions de personnes employées dans le secteur marchand, nous 17, alors que nos populations totales sont les mêmes, autour de 60 millions.
Il est impossible que notre pays se redresse avec ce handicap. L’absence de ces 7 millions d’emplois fait supporter aux 17 millions qui travaillent une charge intolérable.
Si vous voulez que notre pays se rétablisse, il faut que vous mettiez dans votre programme pour 2007 un objectif dont le résultat conditionne toutes vos marges de manœuvre : créer 300 000 emplois de plus tous les ans, pas seulement 50 ou 60 000 comme c’est le cas actuellement, pas dans les services à la personne, mais des emplois au sein d’entreprises qui soient suffisamment puissantes, financées et dynamiques pour exporter et rétablir notre balance des comptes.
Et pour obtenir ce résultat, rapidement, dans les mois qui suivront votre élection, ce sont des mesures fortes qu’il vous faut prendre, mesures dont on ne dise plus seulement : « c’est mieux que rien » mais bien : « c’est la bonne réponse au chômage ».
Ces mesures c'est d'abord de permettre aux Français, qui veulent créer des entreprises, de trouver les fonds dont ils ont besoin, pas quelques milliers d’euros mais des centaines de milliers d’euros. Pas de l’Etat ou de ses agences, trop lentes ou en retard d’une guerre, mais d’investisseurs privés qui leur apportent non seulement les fonds mais aussi les compétences et les relations.
Mettre en place les mesures fiscales fortes qui pousseront ceux qui ont encore de l’argent à investir dans les créations d’entreprises et pas dans les collections d’antiquités ou les œuvres d’art et ne pas partir en Belgique, doit être l’une de vos premières tâches pour relancer la création de « gazelles », ces entreprises à fort potentiel de croissance, qui font cruellement défaut à la France et expliquent les succès anglo-saxons à créer massivement des emplois en dépit des délocalisations.
Je me joins ici à la campagne "17-24 : l'enjeu 2007" en espérant recevoir votre accord pour engager ces mesures fortes mais essentielles dès votre élection.
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